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Rencontre avec Olivier Bleys, écrivain amoureux du café (1ère partie)

11 Mar
Olivier Bleys

Olivier Bleys

Olivier Bleys n’est ni barista ni torréfacteur. Il est écrivain. Il n’aime pas beaucoup l’adjectif « prolifique » qu’on emploie à son sujet mais son œuvre est dense : romans, essais, bandes-dessinées…

Si j’en parle ici c’est qu’après Le Colonel désaccordé et Canisse, il vient de publier Le Maître de café, roman autour du café. Si on écrit sur le café, c’est qu’on se passionne pour la boisson, j’imagine. Et dans la même logique qu’une citation soufie de son livre « qui meurt avec un peu de café dans le corps ne peut aller en enfer », quelqu’un qui aime le café ne peut être antipathique. C’est pourquoi j’ai voulu le rencontrer pour lui demander, autour d’un café, quels sont ses rapports avec l’Infusion.

« Jeune, sans avoir jamais bu une goutte de café – ou si peu – et sans l’avoir jamais apprécié, je le percevais, par l’atmosphère, les odeurs des brûleries, comme une boisson sensuelle. Mais je le pensais âcre, dur. Une boisson pour adultes, qui m’était interdite. La première fois que j’ai apprécié un café, j’avais la trentaine, c’était dans un restaurant au Brésil. Sa bonne odeur baignait toute la salle et j’en ai eu envie. C’était une tasse magique, ce fut une révélation. Certainement un cru local. Entre-temps j’ai écrit des romans historiques comme Pastel ou Semper Augustus mais je savais qu’un jour ou l’autre j’allais écrire sur le café. Il a fallu que ça mûrisse. »

Modeste, il me dit qu’il a dû se documenter à partir du moment où il a décidé d’écrire sur ce sujet.

« Je ne connaissais pas grand chose. J’ai accumulé des informations, des données théoriques sur le café mais j’avoue que mon palais n’est pas développé. Je reconnais surtout un bon café bien préparé d’un moins bon. »

Mais son palais, il l’a aiguisé tout au long de l’écriture de ce roman en faisant l’acquisition d’une Bezzera BZ07 PM, une fierté (Luigi Bezzera étant l’inventeur de la machine espresso en 1901), et en instaurant un rituel de travail :

« Je ne prends pas de café au petit-déjeuner. Je commence en travaillant, vers neuf heures, m’en fais couler un toutes les heure et demie à peu près, jusqu’à dix heures du soir. En plus d’être une boisson sociale qu’on partage, c’est pour moi une boisson de travail. Et, en développant une histoire exigeante sur le café, il fallait que je sois cohérent. »

De quel torréfacteur tout ce café bu provient-il ? Lapeyronie, qui vous a initié ?

« Non, parce que j’ai écrit à Bordeaux, et que je ne suis pas très fidèle à un torréfacteur. J’ai essayé plusieurs petites boutiques à tour de rôle. Ce que j’aimerais, c’est identifier un café qui me plaît vraiment et ne commander que celui-là chez un torréfacteur donné, comme le font beaucoup de connaisseurs. »

Moi j’aime bien les mélanges provenant d’Italie, un peu amers, lui dis-je. Les italiens aiment l’amertume, dans beaucoup de produits autres que le café d’ailleurs. Vous êtes allé en Italie pour préparer Le Maître de café ?

« Oui, je séjourne toujours dans les pays où se situent les intrigues des romans que j’écris. Pour l’Italie, c’est plutôt un cumul de séjours réguliers, pour la documentation, s’imprégner des lieux. »

Et à Rome, ou ailleurs, vous avez un endroit favori, un lieu où vous retournez souvent ?

« A Rome, pas vraiment. A Paris, je suis un fidèle, presque un inconditionnel de Verlet. Et il y a un lieu que je fréquente à Bordeaux, c’est la Maison du whisky qui dispose d’une arrière-boutique que beaucoup de clients ignorent. Toute en bois avec une grosse machine à café et un espresso vraiment savoureux pour un euro. J’y vais régulièrement, c’est une arrière-boutique, il n’y a pas de devanture, pas de fenêtre, ça ressemble à un intérieur de maison québécoise, lambrissé. C’est une sorte de refuge. Et ils préparent vraiment bien le café. »

(A suivre…)

Le Maître de café, roman d'Olivier Bleys, paru chez Albin Michel en janvier 2013.350p. 20€.

Le Maître de café, roman d’Olivier Bleys, paru chez Albin Michel en janvier 2013.
350p. 20€.

Pour suivre Olivier Bleys, ses blogs :

Volubilis

Geopedis

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2 Commentaires

Publié par le 11 mars 2013 dans Histoires et Histoire, Les gens

 

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2 réponses à “Rencontre avec Olivier Bleys, écrivain amoureux du café (1ère partie)

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