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Ascenseur pour l’expresso (Episode 20)

Du grain à moudre (3/3)

L’adage «Tous les chemins mènent à Rome» est particulièrement vrai pour le monde du café, non seulement parce que les côtes italiennes ont été la porte d’entrée du café en Europe mais aussi parce que la genèse de l’espresso est essentiellement italienne. Au-delà de ces faits, trouver des documents venus d’Italie sur le sujet est un vrai défi, pas tant pour le manque d’inventivité de ses habitants que pour la désorganisation de ses archives. Pour retracer l’histoire, il faut ainsi se battre, rassembler des bribes d’information et recoller les morceaux pour faire apparaitre un visage. Ce n’est qu’au prix de ces efforts que ressortent des histoires inédites.

Il en reste quelques-unes à raconter…

Stan Vittoria Paris vers 1950
Stand de l’entreprise Vittoria dans une foire commerciale parisienne (années 50). Les italiens vont graduellement s’imposer dans le monde comme principaux constructeurs de moulins à café.

 

Si la recherche d’un bon moulin précède la préparation d’un bon espresso, une chose se dégage clairement : dans ce domaine tout pointe vers Rome; ou plutôt Turin, Bologne, Milan, Mestre, Venise… même si la première mention d’un moulin à café dans les brevets italiens est Française (qui d’autre que Peugeot frères dès 1876), les Italiens vont rapidement prendre leur place et finir par s’imposer comme des constructeurs de référence. Dans les marques incontournables, il y a d’abord cette société cousine de Peugeot frères : « F.B. », fondée aussi par des frères à Forno Rivara (près de Turin). « F.B. » pour «Fratelli Bertoldo»: Giovanni Battista, Secondo, Delfino et Carlo, les quatre frères de la famille Bertoldo.

 

Premier brevet italien moulin à café, 1876
Premier brevet déposé en Italie pour un moulin à café, Peugeot frères 1876.

 

Revenant en 1894 d’une formation à Terni, ils en rapportent de nombreuses techniques pour agrandir et moderniser l’atelier de leur père Gian Battista. Ils commencent alors à construire des moulins à café, des moulins à poivre, des hachoirs à viande, mais aussi des engrenages et accessoires pour bicyclettes. Comme Peugeot, ils tentent l’aventure automobile au tournant au XXe siècle. En 1905, ils font ainsi parti des tout premiers constructeurs de voitures avec leur modèle « Tre Spade » 16-24 HP mais le succès n’est pas au rendez-vous. Ils auront beaucoup plus de réussite avec leurs autres « Tre Spade », le sigle qui était aussi apposé sur leurs moulins : ils en produisaient jusqu’à mille par jour dans les années 20. Des modèles très similaires à (pour ne pas dire copiés de) ceux de Peugeot.

 

Moulins à Café Tre Spade et logos de la Fratelli Bertoldo
Différents moulins de marque Tre Spade (dont un modèle cylindrique avec hublots en verre, très original) et le logo de la marque de son premier dépôt à aujourd’hui.
 
Atelier Fratelli Bertoldo à Forno Rivara
Les ateliers des frères Bertoldo à Forno Rivara (aussi appelé Canavese), début XXe.

 

Ce logo des trois épées se rejoignant par la pointe, déposé en 1906, est encore aujourd’hui celui de la marque qui œuvre toujours dans le domaine des moulins. L’entreprise a pourtant failli disparaitre. Un des co-propriétaire de l’entreprise, Luigi Bertoldo (certainement un oncle ou un cousin des quatre frères), était aussi commissaire des comptes de la Banca Anonima di Crediti. Cette proximité de l’entreprise avec une banque causera quasiment sa perte lors de la crise financière de 1929. Elle est sauvée par la famille élargie, les Bertoldo étant intimement liés aux familles Rolle et Obert propriétaires de la Ditta Obert Giuseppe & C., une forge de Forno Canavese spécialisée dans l’acier.1

 

Moulin électrique Primo de la FACEM - Marelli
Le «Primo», premier moulin électrique produit pas la FACEM et équipé d’un moteur Marelli.
Affiche Marelli 1919
Affiche Marelli de 1935, l’entreprise créée par Ercole Marelli en 1919 se spécialise dans la production de moteurs électriques utilisés notamment dans les ventilateurs.

 

C’est ainsi que nait la FACEM («Fabbricazione Articoli Casalinghi E Metallurgici S.p.A.»), regroupant les trois familles au sein d’une même entreprise (fondée en 1938 par Giovanni Battista Rolle, Guiseppe Obert et Giovanni Battista Bertoldo, seul des quatre frères encore vivant à cette date). La société se relance, misant constamment sur l’innovation. C’est elle qui produit un des tout premiers moulins domestique électrique en collaboration avec Marelli (le « Primo », présenté dans l’épisode précédent). Elle rachète en 1942 la marque BT de Bertolomo Truchetti (entreprise de Forno Rivara qui produit aussi des moulins à café et à poivre). Après-guerre, la FACEM connaitra un essor international avec la production de lampes à dynamo, de machines agricoles et toute une gamme d’appareils de cuisine.

Giovanni Battista Rolle est le premier président de la FACEM, société qui passera aux mains de ses enfants et petits-enfants, en même temps que la marque « Tre Spade ». Elle est une des rares entreprises à produire encore aujourd’hui une large gamme de moulins manuels de style ancien.2

Dépôt de marques en Italie de fabricants de moulins de 1910 à 1963.
Dépôt de marques en Italie de fabricants de moulins de 1910 à 1963.3

Lorsque l’on regarde les dépôts de marque en Italie, on voit bien s’installer au fil du temps la suprématie italienne dans ce domaine, marquée par l’apparition de constructeurs renommés tels que Vittoria (marque fondée à Bologne par Giovanni Gozzoli et Ruggero Petroncini),Snider (Guido Snider, Milan), Astoria (Pini et Scaramagli, Bologne), OMRE (marque Quickmill, Milan) et Eureka (Soc. di Fatto Conti Aurelio e figli Valerio, Sesto Fiorrentino). S’ajoutent à ces noms une myriade d’autres entreprises spécialisées qui n’ont pas forcément déposées de marque : Fiorenzato (Pietro Fiorenzato, Mestre), Mazzer (Luigi Mazzer, Mestre), Ferretti (Camillo Ferretti, Milan), SCAI-ARCA («Societa Costruttori Apparecchi Industriali», d’Alberto Rosselli et Angelo Tito Anselmi, Milan), Anfin (Milan), Casadio (Bologne), La Felsinea (Bologne), Macap (Venise), Macdobar (Venise), etc.

Tous ces constructeurs qui rivalisaient (et pour certains rivalisent encore) de rigueur et d’inventivité pour la qualité de construction et le design de leur produit, doivent énormément à un autre nom, volontairement omis jusqu’ici : Vittorio SACERDOTI. Et oui, tous les chemins mènent bien à Rome, ville d’origine de Vittorio Sacerdoti. Son est méconnu, il est pourtant l’inventeur de la forme de moulin qui prévaut encore aujourd’hui dans tous les cafés du monde.

 

Brevet Control - Vittorio Sacerdoti et Vicenzo Sgrilla, 1926
Brevet FR616052A intitulé «Appareil de distribution et de dosage du café moulu ou autres produits en poudre» de Vittorio Sacerdoti et Vicenzo Sgrilla, 11 mai 1926.

 

Doseur Control - années 30
Doseur à café produit par Sacerdoti, de marque «Control».

 

Son entreprise a d’abord commencé par produire des doseurs à café, des appareils relativement rares de nos jours, vendus sous la marque «Control » et destinés à mesurer précisément la quantité de café moulu (séparément) à mettre dans un porte-filtre. Le brevet est déposé, en France, le 11 mai 1926 par Vittorio Sacerdoti et Vicenzo Sgrilla, il porte le titre d’«Appareil de distribution et de dosage du café moulu ou autres produits en poudre». Il détient trois innovations que l’on retrouvera plus tard sur les moulins: la manette pour libérer une dose précise de café moulu, la fourchette pour déposer le porte-filtre et le tasseur de mouture. La grande différence est que la roue de dosage est montée avec un axe horizontal.

Pour être vraiment précis, le principe avait aussi été proposé dans les mêmes dates par Angelo Polsi (l’homme derrière la marque « Minerva ») : en 1925 et 1926 pour les deux brevets italiens (14 novembre 1925 et 29 avril 1926) et 1926 pour le brevet français (21 mai 1926). Difficile de dire qui était le premier sans la date italienne de Sacerdoti, ce qui est sûr c’est que ce que la date de priorité penche plutôt du côté de Polsi mais que la postérité retiendra plutôt Sacerdoti.

 

Brevet Doseur à café Polsi, 1925-1926
Brevet Doseur à café Polsi, 1925-1926
Brevet FR616479A intitulé «Appareil distributeur pour substances en poudre», déposé par Angelo Polsi le 21 mai 1926 (en Italie les 14 novembre 1925 et 29 avril 1926).

 

Mais c’est pour une autre invention que Sacerdoti passera à l’histoire : la logique voulait que cet appareil doseur soit intégré au moulin à café, et c’est lui qui détient le nouveau brevet déposé en 1930 sur ce nouveau type de moulin : le « Macinadosatore ». Le brevet est intitulé («Machine à moudre le café avec dispositif pour mesurer des portions de café moulu»). «Tout est dit, tout est là, et tout est phénomène» : le moteur vertical intégré au corps du moulin, les meules plates horizontales, la trémie de forme conique (en verre à l’origine) et son couvercle, la distribution de café moulu à l’aide d’une manette actionnée à l’avant du doseur, la fourchette pour le porte-filtre et le tasseur de mouture.

 

Brevet du premier moulin avec doseur déposé par Vittorio Sacerdoti, 1930.
Brevet FR698541A intitulé «Machine à moudre le café avec dispositif pour mesurer des portions de café moulu», déposé en France par Vittorio Sacerdoti le 17 juin 1930.

 

Logo Molidor, 1930
Dépôt de la marque « Molidor» (numéro 42058) par Vittorio Sacerdoti, mai 1930. La légende du bas dit «l’œil du client sur l’honnêteté du patron, l’œil du patron sur le cœur du client».

 

Modèles Molidor 1939
Dépôts de marques du 28 juin 1939 (numéros 60749 et 60750) présentant des modèles de Vittorio Sacerdoti : Molidor 900 et 900 tondo.

 

Brevet de moulin avec doseur Sacerdoti, 1950
Brevet FR1038792A intitulé «Moulin électrique à café, en particulier pour les établissements publics», déposé en France par Vittorio Sacerdoti le 14 juin 1951 (modèle déposé en Italie le 14 juin 1950).

 

Ces moulins étaient vendus sous la marque «Molidor», et différents modèles sont proposés jusqu’aux années 50. La gamme Molidor de Sacerdoti représente une étape majeure dans l’évolution des moulins à café puisque leur forme élancée, du premier brevet de 1930 à celui de 1951, marquera près de 25 ans de design italien (Sacerdoti dépose durant cette période pas moins de 3 brevets pour modèles, en 33, 49 et 50).

 

Moulins de la gamme Molidor, 1930 à 1950
Aperçu de la gamme des moulins électriques avec doseur produits par Molidor des années 30 aux années 50.

 

On doit à d’autres frères une mention spéciale, les Snider. Guido Snider, de la «Fratelli Snider» de Milan, dépose un brevet en 1932 pour un moulin-doseur électrique qui modifie légèrement l’esthétique particulière du moulin-doseur Molidor : le doseur n’est plus situé en-dessous des meules avec un axe de rotation horizontal mais est décentré, avec un axe de rotation vertical. L’entreprise Snider produit différents modèles de ce style (appelés MARE, comme leurs machines, acronyme de Macchine Automatiche a Riscaldomento Elettrico), ainsi qu’un doseur (appelé Snido, présent sur le brevet original). Cette nouvelle forme de moulin-doseur sera adoptée et reprise par de nombreuses autres marques naissantes : Fiorenzato, Scai-Arca, Vittoria, Ferretti et OMRE, pour ne citer que les principales. À l’instar d’autres marques, Snider produit aussi différents électroménagers pour la cuisine : presse-agrumes, grille-pain, hachoir à viande et malaxeur.

 

Brevet Snider pour un moulin avec doseur excentré, 1932
Brevet espagnol numéro 128476 intitulé «Un aparato para moler café, con distribuidor-dosificator», déposé par Guido Snider le 7 novembre 1932.

 

Brochure Snider, années 50
Brochure publicitaire de l’entreprise « Fratelli Snider», années 50.

 

Moulin à café Snider produit à partir de 1932
Premier modèle de moulin à café avec doseur décentré, produit par Snider à partir de 1932. [Photo: Manuel Bertarello]

 

Moulin avec doseur («Macinadosatore») Vittoria et Adelmo Reali, années 30 et 50
Premier modèle pour bar de Vittoria, début des années 30. La compagnie plutôt spécialisé dans les torréfacteurs et moulins industriels de type «Enterprise» avait été créée par Ruggero Petroncini et Giovanni Gozzoli en 1919. À droite, publicité d’une autre officine pour un modèle très similaire au dernier Sacerdoti, années 50.

 

«Macinadosatore» SCAI-ARCA, années 30 et 50
Deux modèles de la compagnie SCAI-ARCA de Milan. Suivant le style et le mécanisme d’actionnement du doseur, il s’agit certainement de modèles des années 40 (à gauche) et 60 (à droite).

 

À l’origine les moteurs des moulins étaient des moteurs à balais, ils seront graduellement remplacés par des moteurs triphasés, de même l’axe de la manette du doseur passera d’horizontal à vertical, mais le principe restera le même. Avec le temps et pour trouver une place sur les comptoirs de cuisine autant que sur ceux des cafés, la forme des moulins devient un peu plus compacte, passant par des lignes étranges comme ce nouvel essai de Marelli dans les années 50, assez similaire aux premiers modèles Mazzer, Cimbali et La Marzocco, pour aboutir à la forme actuelle (assez ramassée avec le doseur à l’avant) vers le milieu des années 50.

 

Moulin Marelli, 1953
Modèle de Moulin à café électrique Marelli (1953), très similaire au premier moulin Cimbali

 

Moulin La Marzocco, 1954
Moulin à café avec doseur « Disco Volante » de La Marzocco (1954-1960). Tout comme le Marelli, le doseur était situé dans l’axe et juste autour des meules (site).

 

Premiers modèles de l'entreprise Mazzer, années 40
Premiers modèles de la compagnie Mazzer (fondée par Luigi Mazzer à Mestre à la fin des années 40). Le doseur passe d’une position autour des meules à l’avant du moulin (site).

 

Brochure de Ruggero Petroncini, années 40
En 1935, Ruggero Petroncini fonde une nouvelle marque (RPB) qui se spécialisera dans les moulins à café de bar (la marque existe toujours).

 

Moulins italiens, années 50-60
Le design italien s’exprime de façon remarquable dans l’alignement de ces différents moulins. [Photo: Manuel Bertarello]

La suite de l’histoire se passe de mots, le design italien ayant cette aptitude à transformer les objets usuels en véritables œuvres d’art. Sacerdoti et Snider auront lancé toute une industrie italienne dont la suprématie est encore de mise et n’est pas prête de s’éteindre, près d’un siècle plus tard.4

 

 

Brochure Fiorenzato, années 40-50
Brochure publicitaire de Fiorenzato, compagnie créée à Mestre en 1936 par Pietro Fiorenzato (site).

 

Moulin La San Marco de la Disco Volante, années 50
La San Marco, la marque des frères Romanut d’Udine, a créé ce moulin pour accompagner sa machine à café au style inimitable, la «Disco Volante» – 1950. [Photo: Manuel Bertarello]

 

La naissance de l’espresso ne pouvait se faire sans la bonne mouture à portée de main, une réalité apparue seulement vers le début des années 30, date à laquelle la plupart des bars italiens commencent à s’équiper de ces appareils essentiels. Les machines à café de l’époque sont encore des machines à café express et cela prendra quelques années avant que ce nouveau raffinement porte vraiment fruits dans la façon de préparer le café. Les inventeurs de cette période, qui avaient vraiment à cœur d’améliorer sans cesse le goût du café, étaient forcément impliqués dans les deux facettes de ce même tout. Aussi, il ne sera pas surprenant de croiser certains acteurs importants de ce détour vers le monde des moulins à café dans la suite de l’histoire.

 

 

À suivre…

_________________________________

1 Les fondateurs de la Ditta Obert Giuseppe & C. étaient Giovanni Battista Rolle et Guiseppe Obert. Carlo Bertoldo (qui avait aussi sa propre petite entreprise, la Fonderia Carlo Bertoldo e Figli) avait pour femme Ernesta Rolle, la sœur de Giovanni Battista Rolle. La belle-sœur de Carlo, Caterina Rolle, était quant à elle, mariée avec Giuseppe Obert.
Brevet Bertoldo, 1898
Par ailleurs, le premier brevet pour moulin à café de l’entreprise Fratelli Bertoldo avait été déposé en 1898 en compagnie d’un membre de la famille Rolle (Giorgio Rolle).
2 Merci à Thierry Prieux, président de l’AICMC, pour son bel historique «F.B. / TRE SPADE, Histoire de la famille Bertoldo et de la marque TRE SPADE» qu’il m’a gentiment envoyé.
3 Les grandes marques de machines à café espresso ont volontairement été occultées. Les marques Go-go et Roto ont été déposées par Bialetti.
4 Il y a de nombreuses photos de moulins italiens disponibles sur internet, parmi celles-ci (et pour ne pas citer ceux qui prennent déjà trop de place), notons celles de Manuel Bertarello (dont certaines illustrations de cet article sont extraites, avec son autorisation) ainsi que les moulins d’Anthony présentés sur le site de Vincent.
En parlant de Vincent, je tiens à souligner une nouvelle fois son sens du partage qui, avec sa trouvaille d’un superbe modèle SCAI-ARCA m’a amené à faire ce détour nécessaire dans le monde des moulins; sans lequel j’aurais répété l’erreur que tout le monde fait de négliger leur rôle dans la naissance de l’espresso.
 
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Publié par le 13 juillet 2016 dans Histoires et Histoire

 

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Un tour à Marseille : Café Luciani

Vittoria et André

André Luciani en cours de torréfaction

J’aime bien Marseille. C’est dû à un certain tropisme méditerranéen et aussi parce que le cœur a ses raisons que la raison parfois connaît puisque ma dulcinée en est originaire.

C’est à Marseille que j’ai aussi rencontré Pascal, un passionné de machines à café anciennes dont je devrais parler bientôt, qui m’a dit d’aller voir Luciani auprès duquel il se fournit. Je suis donc allé dans le treizième arrondissement frapper à la porte de l’atelier de torréfaction. Dans la grande pièce, on remarque tout de suite le torréfacteur Vittoria rouge qui cuit soixante à soixante-dix kilos de café par broche. Il y a des sacs de café vert, des paquets de café torréfié prêts à être expédiés vers leurs destinataires, des silos, des étagères avec des cartons, des outils, des boîtes à écrous et toutes sortes de choses qui, si elles ont l’air d’être

André Luciani

André Luciani

posées en vrac dans un apparent désordre, sont en fait à leur place et disponibles lorsqu’on en a besoin. C’est l’apparence d’une honorable société qui existe depuis 1898. Elle s’appelait la Phocéenne de torréfaction. Monsieur Luciani père reprend l’entreprise en 1965, la renomme Cafés Luciani, et André prend le relais en 1978. Auparavant, il a baigné dans l’ambiance de la torréfaction toute son enfance. On peut dire qu’il a du métier mais il n’a rien du professionnel blasé. Au contraire, il est à l’écoute, curieux de ce que pense son interlocuteur ou ses collègues, prêt à remettre en question son travail parce que la conception des machines à espresso et les goûts des consommateurs évoluent.

Une grande partie de ses clients sont des restaurateurs qui recherchent un bon équilibre pour une préparation en mode espresso, tout comme une majorité de particuliers. C’est donc un éventail de mélanges

Sidamo bio

Un sac prêt à être torréfié

d’arabicas de tous les coins du monde qu’André Luciani offre à tous. Dans une veine traditionnelle, il propose une torréfaction robe de moine : le grain n’est pas grillé du tout, mais pas trop blond non plus, comme la tendance le prescrit. Hors de la mode, Luciani trace son chemin.

Je suis reparti à la maison avec un mélange impérial fraîchement torréfié que je prépare en espresso : il rend très bien en tasse. Un belle crème et, en bouche, des notes de cacao, de fruits secs, peu d’acidité et une belle rondeur.

Attention tout de même : ne vous attendez pas à voir une boutique, les cafés sont vendus à l’atelier (et sur le site internet) . Un petit espace a été aménagé pour la vente mais c’est devant le torréfacteur dans les effluves de la cuisson des cafés que les transactions ont lieu. J’adore ce côté « root » !

Café Luciani

Le coin boutique

Amis Bucco-Rhodaniens, n’hésitez pas à vous rendre à Marseille pour vous fournir en café. Les autres, prenez un abonnement SNCF !

 

Café Luciani, 6 boulevard Alphonse Moutte, 13013 Marseille

 

 

 
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Publié par le 20 mai 2016 dans Où boire les meilleurs cafés

 

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Une brûlerie? Non, LA brûlerie de Bernay !

La Brûlerie de Bernay

La Brûlerie de Bernay

Lorsque je faisais la tournée des cafés durant la rédaction du Guide de l’amateur de café à Paris j’ai eu, durant quelques sorties, un compagnon de dégustation. Bachir aime le café et il voulait découvrir ce qui se fait de mieux à Paris. La virée que nous avons entreprise un jour entre République et Rambuteau n’a pas dû le décevoir, comme les autres j’espère. Mais ce jour là, c’est lui qui me surprit : « Tu connais Sébastien Lerat ?

– Ça me dit quelque chose, mais comme ça, non.

– C’est un torréfacteur à Bernay, en Normandie, il est bien : il a gagné le concours du meilleur torréfacteur de France, c’est pas rien.

– Tu le connais comment ?

– Eh bien, je vais souvent à Bernay, je le connais bien maintenant…

Nous avions échangé quelques détails à son propos et nous en étions restés là. Jusqu’au mois de mars dernier. Je l’appelai un soir : « On se la fait cette sortie dans l’Eure ?

– Dans l’heure non, mais la semaine prochaine j’ai des dispos.

– C’est malin…

Et nous décidâmes de rendre visite à Sébastien dans sa brûlerie, à Bernay, au début de ce mois d’avril.

Sébastien Lerat dans sa boutique

Sébastien Lerat dans sa boutique (Photo Bachir Maïbeche)

Nous nous sommes promenés sur les terres Euroises, à travers les champs et prairies d’un vert unique, ce vert qui nous rappelle que, même s’il est ce jour très agréable, le temps n’est pas toujours ensoleillé. C’est beau. Les chaumières et les pommiers ne font pas clichés car c’est c’est là qu’ils sont à leur place.

Après la balade, il fallait se rendre à Bernay pour notre objectif du jour : la brûlerie. Je connaissais Sébastien Lerat d’après ce que j’en avais lu dans la presse : technicien chez Renault pris dans un plan de licenciement, il avait repris la boutique qui se libérait et s’était formé par lui même, en potassant et en pratiquant.

Sébastien nous a très gentiment accueillis, il est resté bavarder avec nous dans le salon au fond de la boutique. Il nous laissait régulièrement pour s’occuper des clients venus acheter cafés et thés ainsi que ceux qui s’installaient pour une dégustation. Il fait maintenant partie intégrante de la vie des Bernayens qui viennent ici pour refaire le plein de théine et caféine et parler de la vie de la région.

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Un trophée bien exposé

Il propose dans son magasin une douzaine de cafés d’origines diverses, torréfiés par ses soins. Je suis reparti avec un Maragogype du Nicaragua, frais et crémeux comme il faut lorsqu’on le prépare en espresso.

Nous lui avons demandé quelle est son origine préférée. « Les cafés africains », nous répondit-il. Les éthiopiens particulièrement. Il les aime et les connaît bien, c’est un de ces cafés qu’il a travaillés et qui lui a permis de gagner le concours du meilleur torréfacteur, organisé par le Comité Français du Café, en 2013.

Par ailleurs, on trouve chez lui tout ce qu’il faut pour préparer son café à la maison : des moulins, cafetières en tous genres, de la filtre à l’espresso automatique, et des filtres en papier.

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Sébastien satisfait de sa nouvelle livraison

Finalement, Bernay n’est pas si loin de Paris, je ferais bien de sa brûlerie mon fournisseur régulier ! Pour faciliter la tâche, on peut toujours commander en ligne : Brûlerie de Bernay

 

 

 

La Brûlerie de Bernay, 12 rue du général de Gaulle, 27300 BERNAY

 
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Publié par le 19 avril 2016 dans Où boire les meilleurs cafés

 

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Ascenseur pour l’expresso (Episode 19)

Du grain à moudre (2/3)

 

Publicité pour les moulins Peugeot Frères, 1937
Publicité pour les moulins Peugeot Frères, 1937.

Alors que le café prend une place de plus en plus importante dans la vie quotidienne, Peugeot Frères reste en bonne position sur le marché des moulins manuels domestiques, qu’ils soient posés sur le coin d’une table ou fixés aux murs des cuisines. Pour les épiceries ou les entreprises de torréfaction, qui sont amenées à moudre des kilos de café, le besoin pour des moulins de plus grande taille et de meilleure efficacité se fait sentir.

Torréfacteur et moulin industriels entrainés par une courroie, début XXeme
Torréfacteur et moulin industriels entrainés par une courroie, début XXeme. [Source : «All about Coffee», William H. Ukers, 1922]
Modèles de moulins à courroie, Catalogue Fairbanks de 1906
Modèles de moulins à courroie, Catalogue Fairbanks de 1906.
Moulin à courroie de marque « Coles »
Moulin à courroie de marque « Coles » prévu pour les comptoirs de magasins généraux.

En milieu industriel, ces gros moulins sont entrainés par des courroies le plus souvent couplées à des machines à vapeur utilisées sur place pour divers outils.
Dans les épiceries, difficile d’imposer aux clients le bruit de ces génératrices (sauf si elles étaient vraiment au sous-sol, comme sur les modèles dits « sous le comptoir »), les moulins sont alors munis de grandes roues destinées à augmenter la force d’entrainement du moulin. Le silence se paye, et c’est toujours au prix de grands efforts qu’il est possible de moudre sur demande de grandes quantités de café.

Moulins manuels d’épicerie, 1905
Moulins manuels d’épicerie, Catalogue Gray & Dudley Hardware de 1905.
Moulin manuel d’épicerie, fin XIXeme
Moulin manuel d’épicerie, fin XIXeme.

L’importance du moteur électrique avait été évoquée dans un épisode précédent, sans plus de détails. Vous la voyez sûrement venir : c’est précisément pour les moulins, avec son silence relatif et une force suffisante pour une taille de plus en plus petite, que le moteur électrique va jouer un rôle majeur.
Les premiers moteurs électriques commencent à voir le jour à la fin du XIXeme siècle et se substituent rapidement aux bruyantes machines à vapeurs pour diverses applications industrielles. Le premier moulin électrique industriel aurait vu le jour à New-York en 1897, fabriqué par l’Enterprise Manufacturing Company (une fonderie de Philadelphie spécialisée dans les moulins industriels depuis de nombreuses années). Elle est suivie l’année suivante par une autre entreprise américaine de l’Ohio, fondée par Herbert L. Johnson et Clarence Charles Hobart, la Hobart Electric Manufacturing Company dont le premier produit est un moulin à café électrique (Herbert L. Johnson est d’ailleurs l’auteur du premier brevet mentionnant l’utilisation d’un moteur électrique pour un moulin à café, daté du 19 septembre 1904 1). Les modèles ne sont alors que des modèles manuels ou à courroie auxquels sont ajoutés des moteurs électriques relativement volumineux.

Premiers moulins électriques industriels, 1906
Premiers moulins électriques industriels, Catalogue Fairbanks de 1906.

Il faudra attendre encore quelques années avant que les moulins soient vraiment pensés en fonction de ces nouveaux moteurs et plus de vingt ans avant que leur taille réduise suffisamment pour y être complètement intégrés. Encore une fois, ce sont les grosses compagnies américaines comme Hobart (mais aussi Holwick, Royal Electric, Dayton 2) qui sont des pionnières dans ce domaine avec des modèles de moulin qui ressemblent à des sabliers, le moteur étant placé à l’horizontale et faisant tourner des meules plates entre la trémie et le réceptacle à café moulu.

US786293
«Grinding Mill », premier brevet mentionnant un moulin entrainé par un moteur électrique,
H.L. Johnston de la Hobart Electric Manufacturing Company, 29 septembre 1904 (US786293).
GB108260A
« Improvments in Machines for Cutting or Comminuting coffee and similar material »,
brevet de Frederick Jacob Osius, 23 novembre 1916 (GB108260A).
GB231048A
«Improvments relating to Mills for Grinding Coffee and the like » Uno Company Limited, 10 juin 1924 (GB231048A).

L’ajustement de mouture se fait le plus souvent à l’aide d’une molette située à l’avant du moulin (à l’arrière du moteur sur les Holwick). Ces mastodontes ont, pour un grand nombre, survécus au passage du temps et on en retrouve bien plus souvent que les premiers moulins électriques compacts, victimes des effets de mode ou de la première panne de moteur.

Moulins à café électriques industriels 1920s
Moulins à café électriques industriels Hobart (à gauche) et Holwick (à droite), années 20-30.
GB294930A
«Improvments in or relating to Grinding Apparatus», Hobart Manufacturing Company, 18 juin 1928 (GB294930A).

Parallèlement au développement des moteurs, un autre élément essentiel des moulins évolue : les meules. Elles étaient coniques avec un axe vertical dans les moulins traditionnels (turcs puis cubiques), elles deviennent plate avec un axe horizontal dans les moulins muraux et industriels. De nombreux brevets sont déposés entre 1798 (premier brevet connu d’un moulin à café) et 1918, reflétant l’évolution des techniques de fabrication pour parvenir à un meilleur contrôle de l’efficacité de broyage, de la finesse et de la régularité de mouture.3

USX198
«Coffee Mill», premier brevet connu d’un moulin à café manuel, modèle mural avec meules plates. Thomas Bruff Senior 4, 8 janvier 1798 (USX198).
US303708 et US331683
«Grinding mill», brevets de H.H. Coles, 19 août et 13 décembre 1884 (US303708 et US331683).
US636124A
«Coffee or Grain Mill», brevet de C.U. Farrar, 16 mai 1898 (US636124A).
US953250 et US953251
«Coffee Mill», brevets de F. Bartz de la J.Deer Company, productrice des moulins ‟Royal Electric”, 7 avril et 7 décembre 1905 (US953250 et US953251).
US1089413A
Grinding-disks for Coffee-Mills and the like» H.L. Johnston de la Hobart Electric Manufacturing Company, 22 mai 1911 (US1089413A).
US1262636A
«Coffee Mill Burs», brevet de J.F. Carson de la Cleveland Electric and Machine Manufacturing Company, 11 septembre 1914 (US1262636A).
US1306610
Grinding Mill», brevet de Charles Morgan de la Arcade Manufacturing Company, 7 juin 1918 (US1306610).

Les allemands étaient des acteurs majeurs dans la fabrication des premiers moulins, eux qui confectionnaient les mécanismes des moulins Français jusqu’à la fin du XIXe siècle. Ils ne se laissent pas vraiment distancer par l’arrivée des moteurs électriques puisque différentes entreprises allemandes jouent un rôle important dans leur évolution: Mahlkönig pour les modèles industriels, mais aussi AEG, Paul Kaack, Fabke ‘Rapid’, Zellweger Perl, PE-DE et surtout l’entreprise Walter Voigt de Dresde.

Différents modèles de moulins électriques allemands de 1925 à 1939
Différents modèles de moulins électriques allemands de 1925 à 1939.[Source : Ian Bersten]

L’entreprise AEG (« Allgemeine Elektricitäts-Gesellschaft », division allemande d’Edison à l’origine) produit en 1911 un moteur électrique compact de près de 100W (1/8 de CV) tournant à 80 tours par minute, des caractéristiques suffisantes pour actionner un petit moulin à café. Ce type de moteur est proposé pour être adapté sur des moulins manuels « traditionnels » (comme le fait Peugeot sur des modèles de 1923-1926), avant de trouver une place à part entière et constituer une nouvelle classe de moulins à café : les électriques domestiques.

Moulin électrique AEG, 1911
Moulin électrique AEG, 1911. [Source : Ian Bersten]
Moulins électriques Peugeot de 1923/1926
Moulins électriques Peugeot de 1923/1926. [Source : Ian Bersten]

En 1931, des modèles très compacts sont produits par Peugeot : les modèles « domestique » et « hôtel ». Ils utilisent encore un moteur excentré et une courroie pour entrainer les meules et sont capables de moudre 40 à 80 grammes de café par minutes.

Moulins électriques Peugeot de 1930/1931
Moulins électriques Peugeot de 1930/1931. [Source : Ian Bersten]
Moulins électriques Legrain et J.Gros, 1920-1930
Moulin électrique Legrain et J. Gras (fin des années 20). [Source: Ian Bersten et AICMC]

Dans les mêmes années, deux modèles très similaire sont produits l’un par une firme française (non identifiée) et l’autre par Marelli, une très importante entreprise italienne d’appareils électriques (fabriquant divers produits, allant d’énormes transformateurs électriques aux premiers ventilateurs domestiques). Le modèle français est peut-être issu des établissements Legrain (nom prédestiné s’il en est) établis au 15, rue Bichat à Paris (anciennement Lefevre et Legrain) ou J. Gras qui avaient produit un modèle dans les années 20 qui présente des similitudes dans la conception. Les modèles italiens Marelli sont vendus par Velox et Simerac pour accompagner leurs petites cafetières.

Moulins électriques français et italien (Primo Marelli), 1920-1930
Un des tout premier moulin électrique français (marque non identifiée, fin des années 20) et modèle primo Marelli (années 30). [Collection privée de Ian Bersten]
Publicité pour la cafetière express Velox et le moulin électrique Primo Marelli, 1934
Publicité pour la cafetière express Velox et le moulin électrique Primo Marelli, 1934.
Modèle Primo Marelli (années 30)
Modèle Primo Marelli (années 30).

Peu après, les moulins muraux deviennent à leur tour électriques, souvent équipés de moteurs similaires à ceux utilisés pour les essuie-glaces Renault ou Citroën. Cela est assez logique dans la mesures où la Parisienne S.E.V., une des marque phare de ces moulins, signifie « S.A. pour l’Équipement Électrique des Véhicules (Industriels) ».

Évolution des moulins électriques muraux des années 1930 à 1950
Évolution des moulins électriques muraux des années 1930 à 1950. [Sources: Ian Bersten, INPI]
Brochure du modèle « Type 50 » de S.E.V., 1950
Brochure du modèle « Type 50 » de S.E.V., 1950.

 

Le retournement de situation

L’entreprise allemande Voigt (Walter Voigt G.m.b.H.), établie à Dresde, produit des moulins à café depuis de nombreuses années, allant des modèles cubiques en bois aux modèles muraux en fonte comme ceux produit par les entreprises américaines.

DE509800A
«Kaffeemühle mit einem auf einer Motorwelle befestigten Mahlkegel», brevet Walter Voigt, 6 avril 1928 (DE509800A).
Publicité Walter Voigt de 1930
Publicité Walter Voigt de 1930 (dans un français très approximatif).

L’entreprise dépose en 1928 un brevet de moulin électrique compact (le `Type 28´) qui se décline au fil du temps jusqu’à aboutir en 1932 à l’un des tout premiers moulins commercial présentant un moteur à la verticale, et le premier l’intégrant dans le châssis du moulin comme la majorité des moulins électriques modernes.

Modèles Voigt de 1932
Modèles Voigt de 1932, dont le premier comportant le moteur intégré à la verticale dans le corps du moulin.

En fouillant un peu, on trouve un brevet antérieur qui présente un moteur compact placé à la verticale, mais dans la partie supérieure du moulin. Ce brevet a été déposé le 29 novembre 1915 par Edward J. Bodey de Cincinnati (inventeur, quelques années plus tôt, d’un aspirateur électrique qui lui a peut-être inspiré cette configuration).

US1213149
«Grinding Machine», brevet de Edward J. Bodey, 29 novembre 1915 (US1213149).

Il existe aussi cet autre brevet assez étrange de deux marseillais, Charles Foglia et Léon Roger, propriétaires semble-t-il d’un magasin d’ustensiles de cuisine ou d’une quincaillerie située au 2, rue Sainte. Ils avaient déposé en 1923 un brevet pour une chaise pliante qui tient dans la poche et un modèle d’un « ustensile destiné à la cuisson des aliments à l’étouffée » en 1932. En 1924, ils déposent un brevet pour un « Moulin-broyeur pour café ou toute autre matière », qui peut être considéré comme l’ancêtre des moulins à palettes sauf que les pales sont des sortes de marteaux ou des boules destinées à concasser le café qui est ensuite passé à travers un tamis (carter dans la partie du bas) pour obtenir la mouture voulue. L’axe est entrainé par un moteur électrique, placé lui aussi à la verticale et sur le dessus, de très petite taille car cette méthode demande moins de force qu’un moulin « convenitonnel ».
Le modèle était habilement nommé « Mou’vit », c’est en tout cas ce nom qui est mentionné en juillet 1933 dans la revue spécialisée « La Machine moderne ».

FR599425A
«Moulin-broyeur pour café ou toute autre matière», brevet de Foglia et Roger, 27 mai 1925 (FR599425A).

Il n’en reste pas moins que la configuration de Voigt (en bas à gauche sur les modèles de 1932), qui parait si naturelle aujourd’hui, aura pris plus de 30 ans d’évolution des moulins à café électrique avant de voir le jour. Cette conception va devenir omniprésente dans les années suivantes, notamment en Italie où l’action va se déplacer pour le prochain épisode.

À suivre…

_________________________________

1 Un certain Wilhelm Rief, électricien de Hambourg, avait déposé un brevet antérieur (le 7 octobre 1903, numéro US780729) mentionnant un « moteur » mais sans spécifier s’il était électrique ou à vapeur.
2 Dayton faisait partie des entreprises ayant été regroupées sous le nom de « Computing Scale Company », précurseur de la compagnie « International Business Machines » (IBM). Il existe ainsi des moulins de marque IBM… merci à Thierry Prieux de l’AICMC pour l’anecdote.
3 Inventeur chevronné, il a été le dentiste d’un des « pères fondateurs » et grand amateur de café, Thomas Jefferson troisième président des États-Unis (voir Thomas Jefferson: Coffee’s secret Godfather).
4 Pour un répertoire quasi-complet des brevets sur les moulins à café, voir le site de l’AICMC et le site d’avianwd (avec vignettes).

 

 
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Publié par le 3 avril 2016 dans Histoires et Histoire

 

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